Bore-out

Bore-out : quand l’ennui au travail rend malade

S’ennuyer à mourir. Une expression pleine de sens pour de nombreux salariés qui n’ont pas, ou peu, de choses à faire au travail. Fatigue, déprime, baisse de l’estime de soi…  attention au bore-out ! Passer ses journées à « tuer le temps » serait aussi mauvais pour la santé que trop travailler. Être payé à ne rien faire, un rêve ? Pas si sûr…

Passer son temps à regarder l’heure défiler, faire durer ses pauses café, naviguer sur Internet sans but précis… Nous avons tous été confrontés, au moins une fois, à ces situations lors d’un creux d’activité au travail. Mais, pour certains, l’ennui est quotidien et peut vite devenir insupportable. Anxiété, fatigue, déprime… Le bore-out est proche.

Bore-out

L’ennui au travail toucherait 32% des salariés européens. Ceux-ci ont indiqué passer au moins deux heures, si ce n’est toute la journée, à ne rien faire. Telles sont les conclusions d’une étude réalisée en 2008, portant sur 11 238 personnes venant de 7 pays européens.

Alors que le bore-out , ou épuisement professionnel lié à un trop plein d’activité, fait l’objet d’une lente démarche de reconnaissance en tant que maladie professionnelle, l’ennui au travail demeure tabou. Pourtant, occuper un poste où il n’y a rien à faire peut devenir un supplice. Car derrière l’oisiveté au bureau se cache un véritable manque de stimulation intellectuelle, très dévalorisant et paradoxalement, très stressant. Une souffrance qui peut dépasser le cadre psychique. Face à l’ennui, des habitudes « palliatives » peuvent vite se mettre en place : grignotage, pauses cigarettes plus fréquentes et parfois même, recours à l’alcool. Des comportements qui expliquent, selon une étude anglaise intitulée « Bored to death », que les salariés qui s’ennuient au travail présentent un risque deux à trois fois plus élevé d’accidents cardiovasculaires que ceux dont l’emploi est stimulant.

Pourquoi en parle-t-on si peu ? Comment les personnes concernées en arrivent-elles là ? Comment en sortir ?